
La comparaison avec le début du premier quinquennat d’Emmanuel Macron est édifiante. En décembre 2017, sur la même période de douze mois, la France comptait 886 homicides ou faits assimilés. Huit ans plus tard, la hausse dépasse les 43 %. Une progression massive, continue, qui ne peut plus être expliquée par de simples fluctuations statistiques ou par des événements isolés.
Certes, la courbe a connu des variations au fil des années. Mais la tendance de fond est claire, constante, et profondément inquiétante : la violence meurtrière s’installe durablement dans le paysage français. Ce n’est plus une crise passagère, c’est une dégradation structurelle de la sécurité du pays.
Un commissaire de police toujours en activité, ancien adjoint au chef d’une grande direction, n’hésite pas à qualifier cette évolution de « spectaculaire ». Un mot lourd de sens lorsqu’il vient de ceux qui observent le terrain depuis des décennies, loin des discours lénifiants et des éléments de langage gouvernementaux.
Pendant que les chiffres s’emballent, le pouvoir, lui, persiste dans une communication déconnectée du réel. On parle de « sentiment d’insécurité », comme si la peur était une illusion collective, une construction médiatique. Mais les morts, eux, sont bien réels. Les familles endeuillées aussi. Et les policiers, confrontés quotidiennement à une violence de plus en plus brutale, savent que le problème n’est plus marginal.
Jamais la France n’avait connu une telle banalisation de l’homicide en temps de paix. Jamais un tel écart ne s’était creusé entre le discours officiel et la réalité vécue sur le terrain. Derrière les promesses de fermeté, les annonces de plans successifs et les slogans sécuritaires, le résultat est là : plus de morts, plus de violence, plus d’impunité perçue.
Le plus inquiétant n’est peut-être pas seulement l’augmentation des homicides, mais la manière dont cette tragédie s’installe dans l’indifférence relative. Un meurtre toutes les huit heures n’est plus un électrochoc national, mais une statistique parmi d’autres. Comme si la France, lentement, se résignait à devenir un pays où la violence extrême fait partie du décor.
Ce bilan sécuritaire n’est pas seulement mauvais, il est accablant. Il raconte l’échec d’une politique, d’une vision, et d’un pouvoir incapable d’enrayer une dynamique pourtant vitale : protéger la vie de ses citoyens. À la veille de 2026, le constat est sans appel. Sous Emmanuel Macron, la France est devenue plus dangereuse, plus violente, et plus mortelle qu’elle ne l’était huit ans auparavant.