
Un hasard du calendrier ? Difficile de ne pas y voir une manœuvre politique. 2028, c'est après la présidentielle de 2027. Autrement dit, Emmanuel Macron ne devrait pas avoir à assumer directement les conséquences politiques d'une mesure susceptible de faire grimper la facture à la pompe.
Le mécanisme pourrait entraîner une hausse estimée autour de 15 centimes par litre, notamment en raison du coût des quotas carbone que les distributeurs devront acheter et qui risque d'être répercuté sur les automobilistes.
Le souvenir des Gilets jaunes reste évidemment dans toutes les mémoires. En 2018, une hausse de la fiscalité sur les carburants avait contribué à déclencher une mobilisation nationale massive.
Dans un contexte où de nombreux Français peinent déjà à boucler leurs fins de mois, ajouter plusieurs centimes au prix du litre pourrait devenir la goutte de trop pour les ménages dépendants de leur voiture pour travailler, faire leurs courses ou simplement vivre.
La Macronie aurait-elle donc préféré éviter une nouvelle explosion sociale à l'approche de la présidentielle ? Si tel est le calcul, le procédé est pour le moins cynique : on repousse la mesure, on laisse le prochain président gérer les conséquences et on évite soigneusement d'en payer le prix politique.
Après des années de déficit, de dette publique et de pouvoir d'achat sous pression, les Français découvrent une nouvelle fois que les choix budgétaires et économiques du gouvernement finissent toujours par se traduire dans leur portefeuille.
La catastrophe économique actuelle ne se résume évidemment pas au prix du carburant. Mais cette nouvelle affaire illustre un problème devenu emblématique de la Macronie : gouverner aujourd'hui, repousser les problèmes à demain et laisser les suivants gérer la facture.
Le prochain gouvernement héritera donc d'un dossier explosif. Et si les prix du carburant continuent de grimper d'ici 2028, la colère pourrait être bien plus difficile à contenir qu'une simple hausse de quelques centimes à la pompe.
source : lesnumeriques.com