
Entre les hausses successives du gaz et de l’électricité, se chauffer est devenu une véritable équation financière. Les ménages modestes, mais aussi de plus en plus de classes moyennes, doivent faire des choix difficiles : réduire la température de leur logement, limiter le chauffage à certaines pièces, voire s’en passer à certains moments de la journée.
Claire, 52 ans, auxiliaire de vie :
« Je garde mon thermostat à 18°C, parfois moins. Je mets deux pulls et je bois des tisanes pour me réchauffer. Allumer le chauffage comme avant, je n’y pense même plus. »
La baisse des températures, autrefois synonyme de cocooning, devient une source d’inquiétude pour de nombreux foyers. Certains redoutent les factures, d’autres la difficulté à supporter un logement mal isolé.
Julien, 34 ans, intérimaire :
« Chaque année, dès que l’automne arrive, je me stresse. Je sais que je vais devoir jongler entre payer mes factures et me chauffer correctement. »
Face à cette situation, les comportements évoluent :
Nadia, 68 ans, retraitée :
« Je n’allume plus le chauffage que dans la chambre le soir. La journée, je vis surtout dans la cuisine, c’est la seule pièce un peu chaude. »
Ce qui était autrefois un problème principalement lié aux revenus modestes s’étend aujourd’hui à des couches plus larges de la société. La précarité énergétique devient une réalité collective, mettant en lumière les failles de la politique énergétique et les difficultés d’adaptation des foyers.
Marc, 41 ans, père de deux enfants :
« On n’est pas pauvres, mais entre le loyer, les courses et l’électricité, il ne reste plus grand-chose. On fait attention, mais c’est dur d’expliquer à ses enfants pourquoi on garde les manteaux à la maison. »
Les aides publiques comme le chèque énergie, les campagnes de rénovation thermique ou encore les conseils pour mieux consommer existent. Mais elles ne suffisent pas toujours à soulager le poids des factures. Tant que les prix de l’énergie resteront élevés et les logements mal isolés, la précarité énergétique continuera de gagner du terrain.
Se chauffer ne devrait pas être un luxe, mais un besoin fondamental. Derrière chaque thermostat baissé, il y a des histoires humaines, des familles qui adaptent leur quotidien, et une inquiétude qui grandit à mesure que les températures chutent.