Le service public de l’audiovisuel en France, financé par l’impôt, devrait garantir une information impartiale et pluraliste. En théorie, il a pour mission de refléter la diversité des opinions et d’assurer une égalité de traitement entre sensibilités politiques.
Pourtant, nombre d’observateurs dénoncent depuis des années une dérive idéologique marquée à gauche, perceptible dans le ton des reportages, le choix des invités ou encore la hiérarchisation de l’information.
Sommaire
Une impression devenue constat
Quiconque suit régulièrement France Inter, France Info ou France Télévisions ne peut ignorer une coloration idéologique récurrente :
- Une insistance sur les thèmes chers à la gauche (l’urgence climatique, la lutte contre les discriminations, les combats sociétaux progressistes) présentés sous un angle quasi militant.
- Une mise en accusation fréquente de courants conservateurs, identitaires ou de droite, souvent traités sous l’angle du « danger » ou de la « menace ».
- Une surreprésentation d’experts et d’intellectuels issus d’un même horizon politique et culturel, donnant l’impression d’un entre-soi médiatique.
Ces biais ne sont pas toujours conscients, mais ils traduisent une homogénéité idéologique parmi les journalistes du service public.
D’où vient cette dérive ?
Plusieurs facteurs peuvent l’expliquer :
Le profil sociologique des journalistes
La majorité des journalistes issus des écoles de journalisme françaises appartiennent à un milieu urbain, diplômé et progressiste. Ce terreau favorise un angle de vue très marqué par la gauche culturelle.
Le réflexe institutionnel
L’audiovisuel public s’est construit historiquement dans une logique d’État, où les valeurs de service public se confondaient avec celles d’un progressisme politique omniprésent depuis Mai 68.
La pression des cercles militants
Sur des thèmes comme l’écologie ou les droits sociétaux, les rédactions cèdent parfois à la pression d’associations militantes, relayant leur discours sans véritable contradictoire.
La peur d’être étiqueté “de droite”
Dans un milieu journalistique largement acquis à une vision progressiste, afficher une sensibilité conservatrice ou libérale est perçu comme suspect. Les journalistes tendent donc à lisser leurs propos dans un sens unique.
Les conséquences pour le débat démocratique
Cette orientation idéologique a plusieurs effets préoccupants :
- Elle nourrit une défiance croissante des citoyens envers le service public, accusé de partialité.
- Elle alimente le sentiment d’exclusion de millions de Français qui ne se reconnaissent pas dans ce discours.
- Elle fragilise le pluralisme démocratique, pourtant indispensable dans un pays traversé par des fractures politiques et sociales profondes.
Si l’on veut redonner confiance dans l’audiovisuel public, il faut repenser sa gouvernance et ses pratiques éditoriales :
- Renforcer la diversité des profils dans les rédactions pour refléter réellement la société française.
- Instaurer un contrôle citoyen indépendant du pouvoir politique et des cercles militants, pour garantir le pluralisme.
- Réaffirmer la mission première du service public : informer avec rigueur, donner la parole à toutes les sensibilités, sans militantisme.