
Historock propose un spectacle musical retraçant l’histoire de France, de manière accessible, populaire, incarnée. Rien d’illégal. Rien de haineux. Rien de partisan au sens strict. Et pourtant, l’œuvre est clouée au pilori pour une raison simple : elle ose parler d’histoire sans passer par le filtre de la repentance permanente.
Ce qui est reproché à ce spectacle n’est pas ce qu’il dit, mais ce qu’il ne dit pas assez : pas assez de culpabilisation, pas assez de déconstruction, pas assez de mise en accusation du passé français. En somme, pas assez de lecture idéologique conforme.
Nous sommes là face à une dérive grave : l’idée que l’histoire ne pourrait être racontée qu’à condition d’être jugée, et toujours à charge.
Depuis des décennies, une partie de la gauche considère la culture comme son territoire naturel, presque comme une propriété privée. Théâtre, cinéma, musique, littérature : tout ce qui ne s’inscrit pas dans une grille de lecture progressiste, décoloniale ou militante est immédiatement disqualifié.
Cette posture repose sur une confusion volontaire : assimiler culture et militantisme. Or la culture n’est pas un tract, ni un séminaire idéologique. Elle est pluralité, contradiction, héritage, transmission.
Qualifier une œuvre d’« extrême droite » simplement parce qu’elle évoque la nation, l’histoire longue ou les grandes figures françaises relève d’un abus de langage devenu une arme politique. C’est une stratégie d’intimidation intellectuelle : salir pour faire taire.
On parle rarement de censure lorsqu’elle ne vient pas de l’État central, mais la réalité est là : pressions politiques, campagnes de disqualification, retrait de subventions, déprogrammations opportunes. La mécanique est connue, rodée, efficace.
Ce n’est pas l’extrême droite qui empêche aujourd’hui certains spectacles d’exister. Ce sont des élus, des militants, des réseaux culturels politisés, souvent liés à des formations comme La France insoumise ou à leurs satellites idéologiques.
Le plus ironique ? Cette censure est toujours exercée au nom de la liberté, de la tolérance et de la démocratie. Une démocratie si fragile qu’elle ne supporterait pas un spectacle musical racontant l’histoire de France.
Il est temps de le dire clairement : aimer l’histoire de France, la transmettre, la raconter sans la haïr n’est ni réactionnaire ni extrémiste. C’est même une condition minimale pour qu’un peuple sache d’où il vient.
La culture française ne se résume pas à une succession de fautes à expier. Elle est aussi faite de continuités, de grandeurs, de contradictions, de réussites. Refuser cela, c’est imposer une vision mutilée du passé, au service d’un projet idéologique contemporain.
La création artistique n’a pas à demander l’autorisation à une avant-garde militante autoproclamée. Elle n’a pas à se soumettre à un tribunal politique permanent.
Défendre Historock, ce n’est pas défendre un camp politique. C’est défendre un principe fondamental : le droit de créer, de transmettre et de raconter sans être sommé de se justifier idéologiquement.
Aujourd’hui, c’est un spectacle sur l’histoire. Demain, ce sera un film, un roman, une exposition. À force de vouloir tout contrôler, la gauche radicale transforme la culture en champ de bataille, là où elle devrait être un espace de respiration et de débat.
La culture n’appartient à personne. Et sûrement pas à ceux qui, au nom du progrès, ressuscitent les réflexes les plus autoritaires.