
Pedro Sánchez s’est précipité sur place pour tenter de gérer « la plus grande crise migratoire depuis des années ». Mais que peut-il réellement faire ? Les autorités espagnoles avouent elles-mêmes avoir été « complètement débordées ». Seulement 55 agents se trouvaient en première ligne au moment de l’assaut. Trois à quatre fois moins que nécessaire, selon les syndicats de la Garde civile. Pendant que les migrants défilent librement, la police se contente d’essayer de les orienter vers un centre d’accueil déjà saturé.
Et pendant ce temps, l’Union européenne observe, impuissante. L’Italie a demandé purement et simplement la suspension de l’Espagne de l’espace Schengen. La France a immédiatement renforcé ses contrôles à la frontière pyrénéenne. Deux hauts responsables de l’administration Trump ont brandi les images de Ceuta comme preuve de l’échec européen. La vérité est crue : l’Europe n’a plus de frontières dignes de ce nom. Chaque État membre peut, par faiblesse ou par calcul, ouvrir une brèche par laquelle s’engouffrent des dizaines de milliers d’individus. L’Espagne vient de le démontrer avec une clarté brutale.
Ne nous y trompons pas. Ce déversement n’est pas un accident humanitaire. Sánchez lui-même a reconnu que des « mafias de passeurs » ont exploité une décision de justice pour déclencher le mouvement. En quelques heures, l’information s’est répandue « comme une traînée de poudre ». Les flux migratoires sont devenus une arme. Une arme asymétrique, silencieuse, mais dévastatrice. On n’envoie plus de chars ni de missiles. On envoie des hommes. Par milliers. Par dizaines de milliers. Et l’on regarde ensuite les sociétés européennes se déliter sous le poids de l’accueil forcé, de la saturation des services publics, de la montée de l’insécurité et de la perte de cohésion nationale.
Trente-quatre personnes sont déjà mortes dans cette traversée. Mais les images qui circulent ne montrent pas seulement des drames. Elles montrent aussi une joie triomphante, des jeunes hommes qui avancent comme s’ils entraient en territoire conquis.
C’est une occupation progressive, méthodique, encouragée par la faiblesse des États et la naïveté idéologique des élites.
Chaque vague migratoire de cette ampleur affaiblit un peu plus les peuples européens. Elle dilue l’identité, fragmente la cohésion sociale, transforme les villes en mosaïques de communautés qui ne partagent plus ni langue, ni valeurs, ni destin commun. L’économie, elle, paie le prix fort : logements saturés, hôpitaux engorgés, écoles débordées, aides sociales sous tension. Quant à l’insécurité, elle progresse comme une évidence que l’on refuse encore de nommer.
Ceuta n’est que le symptôme le plus visible d’un mal plus profond. L’Espagne, en laissant faire, devient la porte d’entrée privilégiée d’une Europe qui a renoncé à se défendre. Le gouvernement de Pedro Sánchez porte une responsabilité historique. En multipliant les signaux de faiblesse, en s’accrochant à une idéologie de l’accueil illimité, il a transformé une enclave stratégique en passoire.
Le désastre est déjà là. Il se déroule sous nos yeux, en direct, à Ceuta. Et il ne s’arrêtera pas tant que les dirigeants européens continueront de préférer les discours humanitaires aux actes de souveraineté. L’heure n’est plus aux demi-mesures. Soit l’Europe retrouve le courage de fermer ses frontières, soit elle accepte de disparaître sous le poids de ceux qui, chaque jour davantage, la traversent sans demander la permission.