
En 2025, 67 millions de jeunes de 15 à 24 ans étaient au chômage, soit un taux de 12,4 %. Plus de 257 millions, soit 20 % des jeunes, étaient sans emploi, sans études et sans formation.
Et l’IA arrive précisément sur les emplois qui permettaient autrefois de débuter : assistants administratifs, secrétaires, centres d’appels, saisie de données, certaines fonctions bancaires et informatiques.
Selon l’OIT, 6,1 % des emplois occupés par les jeunes sont fortement exposés à l’IA. Une automatisation de seulement 10 % de ces emplois pourrait déjà concerner 5,6 millions de jeunes.
Le problème est particulièrement grave : comment acquérir de l’expérience si les entreprises suppriment les postes qui permettaient justement aux débutants de faire leurs premières armes ?
Le World Economic Forum estime que 41 % des employeurs pourraient réduire leurs effectifs grâce à l’automatisation, tandis que 39 % des compétences actuelles pourraient être transformées d’ici 2030.
Le risque est vertigineux : les entreprises pourraient produire toujours plus avec toujours moins de travailleurs.
Nous pourrions alors assister à un cercle infernal : moins d’emplois débutants, davantage de concurrence, plus de précarité et une classe moyenne progressivement fragilisée.
Et pendant que les entreprises accélèrent, nos gouvernements semblent encore raisonner avec les règles du monde du travail d’hier.
Le scénario le plus inquiétant n’est peut-être pas un monde sans travail.
C’est un monde où le travail existe encore, mais où l’économie n’a tout simplement plus besoin d’autant de travailleurs.
L’IA pourrait être une formidable révolution technologique. Mais sans anticipation politique et sociale, elle pourrait aussi devenir une véritable catastrophe pour le monde du travail.