
Les réseaux sociaux, initialement conçus comme des plateformes d’échange libre et global, sont devenus des champs de bataille pour la liberté d’expression. L’exemple de Twitter, renommé X après son acquisition par Elon Musk, est éloquent. Musk a promis de faire de la plateforme un espace de liberté totale, mais cette ambition s’est heurtée à de nombreuses critiques et pressions. Les gouvernements, les groupes de pression et même les annonceurs imposent leurs propres visions de ce qui devrait ou ne devrait pas être exprimé.
Cette situation met en lumière un dilemme : les plateformes doivent-elles s’auto-réguler pour éviter des sanctions étatiques ou répondre à une demande croissante de contrôle du contenu ? Dans les deux cas, le résultat est une censure qui limite la diversité des opinions et étouffe la liberté d’expression.
Dans les médias audiovisuels, la situation n’est guère meilleure. En France, des chaînes comme CNews et C8 font l’objet d’une surveillance accrue de la part de l’Arcom, le régulateur des médias audiovisuels. Sous prétexte de lutter contre les « dérapages » ou les discours jugés « haineux », ces instances imposent des sanctions, qui vont jusqu’à menacer la viabilité de ces chaînes. Cette régulation peut sembler nécessaire pour prévenir les abus, mais elle pose la question de savoir qui décide des limites à ne pas franchir.
L’idée d’un arbitre unique de la vérité ou de la morale est dangereuse. Elle ouvre la porte à une standardisation des idées et à une érosion de la pluralité nécessaire à tout débat public. Les émissions polémiques ou les prises de position tranchées, qu’elles soient appréciées ou non, participent à la vitalité d’une démocratie.
Certains avancent qu’une liberté d’expression absolue est un concept utopique, voire dangereux. Mais limiter cette liberté ouvre la voie à des abus. Qui peut déterminer de manière impartiale ce qui est acceptable ou non ? L’histoire regorge d’exemples où des régimes autoritaires ont utilisé la censure pour museler leurs opposants.
En défendant la liberté d’expression, nous établissons un principe clair : aucune autorité ne peut décider arbitrairement des idées qui méritent d’être entendues. Les discours jugés offensants ou controversés doivent être combattus par d’autres discours, et non par la censure. Ce n’est qu’ainsi que les sociétés peuvent évoluer et corriger leurs erreurs.
La liberté d’expression est un bien précieux, mais fragile. Sur les réseaux sociaux comme dans les médias traditionnels, elle est menacée par des forces qui prétendent agir pour le bien commun, mais qui, souvent, cherchent à imposer leur propre vision du monde. Défendre la liberté d’expression, c’est refuser de laisser des institutions ou des groupes restreindre le débat public. Il en va de la survie de nos sociétés démocratiques et de la richesse de nos échanges.