
Il faut bien mesurer la gravité de cette inversion. Le bleu-blanc-rouge, fruit de notre Révolution, symbole de résistance et de sacrifice, est désormais assimilé à l’extrême droite, à l’oppression, au « fascisme ». À l’inverse, brandir le drapeau palestinien n’est plus seulement un acte de solidarité : c’est devenu une sorte de totem obligatoire pour être accepté dans certains cortèges. Ceux qui n’adhèrent pas à cette hiérarchie symbolique sont immédiatement exclus, vilipendés, agressés.
Derrière l’insulte « facho » se cache une haine assumée de la France et de ce qu’elle représente. Une partie des militants n’accepte plus le drapeau tricolore, parce qu’il incarne, à leurs yeux, l’État honni, l’histoire coloniale ou l’« oppresseur ». Ce discours dévoyé permet de justifier l’injustifiable : frapper sur son propre drapeau tout en sanctifiant celui d’une cause étrangère.
L’essayiste Marc Lemoine le dénonce :
« Que l’on brandisse le drapeau palestinien, pourquoi pas, chacun est libre d’exprimer sa solidarité. Mais que l’on traite de “facho” un citoyen qui ose afficher le drapeau de son pays, c’est un scandale. Le tricolore, ce n’est pas un parti politique : c’est l’héritage de 1789, de la Résistance, de nos valeurs républicaines. Ceux qui l’insultent oublient qu’il est le garant de leur liberté de manifester. »
Le contraste du 10 septembre illustre une fracture inquiétante : nos rues ne sont plus seulement des lieux de contestation sociale ou politique, elles sont devenues le terrain d’une guerre symbolique où la bannière nationale est l’ennemie à abattre. Et pendant ce temps, le drapeau palestinien s’impose comme l’emblème par défaut d’une partie des cortèges, éclipsant toute référence à l’unité nationale.
Laisser s’installer cette logique, c’est accepter que le drapeau français soit diabolisé dans son propre pays. C’est tolérer que nos couleurs soient assimilées à la haine, pendant que d’autres symboles, étrangers, deviennent omniprésents et incontestables.
Il est temps de le rappeler : il n’y a rien de plus légitime, rien de plus naturel que de brandir le bleu-blanc-rouge en France. Ceux qui hurlent « facho » à sa vue ne défendent pas la liberté : ils la piétinent.