
Pour la première fois, le seuil symbolique du demi-million de pèlerins a été franchi.
En Espagne, la fréquentation a bondi de 6 % à fin octobre, malgré un été difficile marqué par la canicule et les incendies.
En France, la tendance est plus stable, notamment sur la fameuse voie du Puy-en-Velay (GR65), toujours la plus prisée des randonneurs hexagonaux.
Et il faut rappeler que ces chiffres ne comptabilisent que les pèlerins ayant obtenu la Compostela, le certificat officiel remis à ceux ayant parcouru au moins les 100 derniers kilomètres. La fréquentation réelle est donc bien supérieure.
Le profil du marcheur français se distingue nettement de celui observé en Espagne. En France, la majorité des pèlerins ont plus de 65 ans : ils cherchent dans cette marche lente une expérience spirituelle, une pause, ou un recentrage sur soi.
À l’inverse, en Espagne, de jeunes marcheurs s’y engagent parfois pour enrichir leur CV ou relever un défi personnel.
Les séjours courts (de 4 à 14 jours) sont désormais la norme côté français, avec une préférence pour les saisons intermédiaires — printemps et automne — lorsque la chaleur est plus douce et les sentiers moins fréquentés.
Autre tendance notable : deux tiers des pèlerins partent pour la première fois. La magie du Camino continue donc d’attirer de nouveaux adeptes chaque année.
Et parmi les nationalités en hausse, on retrouve non seulement les Français, Belges, Suisses et Canadiens, mais aussi un nombre croissant d’Américains et de Coréens, fascinés par le patrimoine et la dimension spirituelle de ce périple.
L’impact culturel joue un rôle clé dans cet engouement. Après le succès du film The Way (2013) ou du livre de Jean-Christophe Rufin (Immortelle randonnée), une nouvelle vague pourrait bien déferler avec la sortie, au printemps 2025, du film Compostelle de Yann Samuell, porté par Alexandra Lamy.
L’Association française des chemins de Saint-Jacques anticipe déjà un regain d’intérêt, notamment auprès du grand public, séduit par l’idée d’un voyage initiatique et profondément humain.
Le pèlerinage vers Compostelle dépasse aujourd’hui sa dimension religieuse. Il incarne une quête de sens, une parenthèse hors du temps dans un monde pressé.
Cheminer jour après jour, croiser des visages du monde entier, partager un repas ou une prière… autant d’expériences simples qui redonnent du souffle à ceux qui s’y aventurent.
En 2025, plus que jamais, les chemins de Compostelle relient les âmes autant que les pays.
Avez-vous déjà rêvé de partir sur le Camino ?
Qu’il soit spirituel, sportif ou introspectif, chaque chemin vers Compostelle commence par un premier pas. Peut-être sera-t-il pour vous, en 2026 ?