
Les sanctions prévues vont de 150 à 3 000 euros, avec des montants différents selon les circonstances. Des exceptions sont notamment prévues pour certaines raisons médicales, professionnelles, artistiques ou liées à la pratique religieuse dans les lieux de culte.
Même si le texte est formulé de manière générale, il est largement présenté comme visant en particulier la burqa et le niqab, deux vêtements permettant de dissimuler entièrement le visage.
Le texte avait été adopté par le Parlement portugais en juillet avec le soutien de la coalition gouvernementale de droite et de Chega, le parti classé à l’extrême droite. Les formations de gauche avaient, elles, voté contre.
Le président portugais a néanmoins choisi de promulguer la loi. António José Seguro a souligné l’importance du visage dans les relations humaines, tout en reconnaissant le caractère particulièrement sensible de la question sur les plans social et culturel.
Sur ce point, le Portugal ne part pas d’une situation totalement nouvelle en Europe. La France dispose depuis 2010 d'une législation similaire.
La loi française interdit en effet la dissimulation du visage dans l’espace public. Le Conseil constitutionnel avait examiné cette loi en octobre 2010 et l’avait déclarée conforme à la Constitution, sous réserve de certaines précautions d’application.
La France a donc précédé le Portugal de seize ans sur cette question.
La différence réside notamment dans le contexte politique et dans la rédaction des textes. En France, la loi de 2010 n'interdit pas explicitement un vêtement religieux particulier : elle vise de manière générale la dissimulation du visage dans l’espace public.
Le rapprochement entre les deux pays montre que la question du voile intégral n'est plus uniquement un débat français. Elle s'inscrit désormais dans une réflexion plus large sur les règles applicables dans l'espace public européen.
La France et le Portugal ont choisi une approche comparable : le visage doit pouvoir être visible dans l’espace public, avec des exceptions prévues par la loi.
Source : lefigaro.fr