Lynchage physique, lynchage médiatique : l'abjection post-mortem de Quentin

mardi 17 février 2026
Crédit photo : LE FIGARO
Crédit photo : LE FIGARO


Un jeune homme ordinaire, projeté dans l'horreur

Quentin Deranque, 23 ans, étudiant en mathématiques à Lyon, fervent catholique converti, passionné de philosophie, de tennis, s'engageait aussi dans des actions caritatives comme la distribution de repas aux plus démunis. Issu d'un milieu modeste de l'Isère, il défendait des idées nationalistes et traditionalistes, sans jamais recourir à la violence. Pourtant, le 12 février 2026, en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon, il a été lynché à mort par un groupe d'au moins six individus masqués, issus de milieux antifascistes et d'ultragauche. Il succombe deux jours plus tard, le 14 février, après un coma irréversible.


Le fantasme du "nazi" pour justifier l'injustifiable

Ses assassins ne l'ont pas tué pour ce qu'il était réellement : un jeune homme pieux, intellectuel et sportif. Ils l'ont éliminé parce qu'ils l'ont fantasmé en monstre. Dans leur grille de lecture radicale, toute sympathie royaliste, chrétienne fervente ou nationaliste se mue automatiquement en nazisme. Quentin est devenu, dans leur conscience déformée, l'incarnation du fasciste à abattre – un ennemi absolu légitimant la violence extrême au nom d'une "lutte antifasciste" sacralisée. Ce mécanisme de projection permet de transformer un meurtre en acte de "résistance" morale, effaçant toute humanité à la victime.


L'abjection médiatique post-mortem

Après le drame, l'horreur ne s'arrête pas. Certains médias et commentateurs de gauche, au lieu de condamner sans ambiguïté ce lynchage barbare, ont contribué à une réécriture abjecte de la personnalité de Quentin. On le dépeint en "néo-nazi" pur et dur, en militant violent d'extrême droite, pour atténuer la gravité de l'acte et équilibrer les responsabilités. Des portraits tronqués circulent, occultant sa foi, ses études, son engagement caritatif, pour ne retenir que des étiquettes infamantes. Cette manipulation transforme un assassinat politique en simple "affrontement entre extrêmes", où la victime devient presque coupable de sa propre mort.


Une atmosphère où la vérité est sacrifiée

Cette ambiance toxique révèle un mal profond : quand l'idéologie prime sur les faits, la solennité due à une vie fauchée disparaît. Le respect élémentaire envers un mort – quel que soit son parcours – est piétiné au profit d'une narrative qui excuse ou minimise la barbarie. En travestissant la réalité, on empêche tout deuil collectif digne, toute réflexion sereine sur la montée des violences politiques. Quentin devient le symbole tragique d'une époque où l'on peut tuer un homme parce qu'on l'a désigné comme diable, puis salir sa mémoire pour se laver les mains.


Justice pour Quentin, et fin des mensonges

Ce drame n'est pas un "fait divers" ni un "match retour" entre extrêmes. C'est le fruit d'une haine déshumanisante cultivée par certains courants radicaux. Quentin symbolise l'innocent broyé par cette machine infernale. Il est temps que la vérité judiciaire éclate sans fard, que les responsables répondent de leurs actes, et que cesse cette réécriture perverse qui souille les morts et empoisonne le débat public. Repos en paix, Quentin.