
Chronique d’une dérive médiatique aussi absurde que révélatrice
Soyons sérieux deux minutes. Les marchés de Noël, tels qu’ils existent aujourd’hui en France et en Europe, sont des traditions populaires multiséculaires, issues du folklore chrétien et régional, profondément ancrées dans l’histoire alsacienne et germanique bien avant 1933. Vouloir les réduire à une récupération idéologique nazie relève soit de l’ignorance historique crasse, soit d’une manipulation volontaire.
Mais au fond, l’objectif n’est pas l’histoire. L’objectif est ailleurs : jeter le soupçon, salir l’héritage culturel, instiller l’idée que toute tradition chrétienne serait suspecte, voire dangereuse. Une mécanique désormais bien huilée.
Ce qui frappe, ce n’est pas seulement l’erreur factuelle, mais la cible. Noël. Une fête chrétienne, populaire, familiale, largement dépolitisée dans la vie quotidienne. Pourtant, dans certains cercles médiatiques, elle semble devenir un problème. Trop blanche ? Trop enracinée ? Trop occidentale ? Trop chrétienne, sans doute.
On ne s’attaque pas frontalement à la religion. Non, on procède autrement :
– on pathologise la tradition,
– on culpabilise ceux qui la célèbrent,
– on associe l’héritage culturel au pire de l’Histoire.
C’est plus subtil. Et beaucoup plus pernicieux.
Le plus ironique dans cette affaire, c’est que cela émane d’un média financé par tous les contribuables, censé informer avec rigueur et neutralité. À la place, on assiste à une pédagogie inversée, où l’on ne transmet plus des faits, mais des grilles de lecture idéologiques.
Quand la vidéo provoque l’indignation, on ne s’explique pas.
On ne corrige pas.
On supprime.
Un peu comme si l’effacement valait aveu.
Rassurons-nous : les marchés de Noël continueront d’exister. Les enfants continueront d’y boire du chocolat chaud, les adultes du vin chaud, et personne ne se transformera soudainement en nostalgique du totalitarisme en achetant une boule en verre ou un pain d’épices.
Cette polémique grotesque révèle surtout la déconnexion d’une partie du monde médiatique, prêt à sacrifier la vérité historique sur l’autel d’un militantisme culturel maladif.
Non, les marchés de Noël ne sont pas nazis.
Non, aimer une tradition chrétienne ne fait pas de vous un extrémiste.
Et non, supprimer un reportage n’efface pas la dérive idéologique qui l’a produit.
La vraie question n’est donc pas celle des chalets en bois, mais celle-ci : jusqu’où certains médias sont-ils prêts à aller pour déconstruire ce qui nous relie encore à notre histoire ?
Sur ce, joyeux Noël. Et attention : le sucre d’orge pourrait être réactionnaire.