Non, les marchés de Noël ne sont pas nazis

vendredi 19 décembre 2025
Crédit photo : Gemini
Crédit photo : Gemini


Chronique d’une dérive médiatique aussi absurde que révélatrice


Il fallait oser. Et France Info l’a fait. Dans un élan dont le service public a désormais le secret, Mercredi 10 décembre, France Info a publié une courte vidéo et a tenté d’établir un lien plus que douteux entre… les marchés de Noël et l’idéologie nazie. Oui, les chalets en bois, le vin chaud, les santons et les guirlandes lumineuses seraient, à en croire ce raisonnement capillotracté, les héritiers d’une sombre propagande du IIIᵉ Reich. Rien que ça.

Devant l’ampleur du malaise – et du ridicule – le reportage a depuis été supprimé discrètement. Rideau. Circulez, il n’y a rien à voir. Sauf que le mal, lui, est fait.


Sommaire


Quand l’absurde devient ligne éditoriale

Soyons sérieux deux minutes. Les marchés de Noël, tels qu’ils existent aujourd’hui en France et en Europe, sont des traditions populaires multiséculaires, issues du folklore chrétien et régional, profondément ancrées dans l’histoire alsacienne et germanique bien avant 1933. Vouloir les réduire à une récupération idéologique nazie relève soit de l’ignorance historique crasse, soit d’une manipulation volontaire.


Mais au fond, l’objectif n’est pas l’histoire. L’objectif est ailleurs : jeter le soupçon, salir l’héritage culturel, instiller l’idée que toute tradition chrétienne serait suspecte, voire dangereuse. Une mécanique désormais bien huilée.


Christianophobie soft, désinformation dure

Ce qui frappe, ce n’est pas seulement l’erreur factuelle, mais la cible. Noël. Une fête chrétienne, populaire, familiale, largement dépolitisée dans la vie quotidienne. Pourtant, dans certains cercles médiatiques, elle semble devenir un problème. Trop blanche ? Trop enracinée ? Trop occidentale ? Trop chrétienne, sans doute.


On ne s’attaque pas frontalement à la religion. Non, on procède autrement :

– on pathologise la tradition,

– on culpabilise ceux qui la célèbrent,

– on associe l’héritage culturel au pire de l’Histoire.


C’est plus subtil. Et beaucoup plus pernicieux.


Le service public, champion de la pédagogie inversée

Le plus ironique dans cette affaire, c’est que cela émane d’un média financé par tous les contribuables, censé informer avec rigueur et neutralité. À la place, on assiste à une pédagogie inversée, où l’on ne transmet plus des faits, mais des grilles de lecture idéologiques.


Quand la vidéo provoque l’indignation, on ne s’explique pas.

On ne corrige pas.

On supprime.

Un peu comme si l’effacement valait aveu.


Noël survivra, rassurez-vous

Rassurons-nous : les marchés de Noël continueront d’exister. Les enfants continueront d’y boire du chocolat chaud, les adultes du vin chaud, et personne ne se transformera soudainement en nostalgique du totalitarisme en achetant une boule en verre ou un pain d’épices.


Cette polémique grotesque révèle surtout la déconnexion d’une partie du monde médiatique, prêt à sacrifier la vérité historique sur l’autel d’un militantisme culturel maladif.


En guise de conclusion (et de vin chaud)

Non, les marchés de Noël ne sont pas nazis.


Non, aimer une tradition chrétienne ne fait pas de vous un extrémiste.


Et non, supprimer un reportage n’efface pas la dérive idéologique qui l’a produit.


La vraie question n’est donc pas celle des chalets en bois, mais celle-ci : jusqu’où certains médias sont-ils prêts à aller pour déconstruire ce qui nous relie encore à notre histoire ?


Sur ce, joyeux Noël. Et attention : le sucre d’orge pourrait être réactionnaire.