
À Montgenèvre, la croix, dressée depuis le XIXᵉ siècle, a été retirée par hélicoptère. Oui, 5 000 € d’argent public pour décrocher du ciel un symbole qui veillait sur la vallée depuis plus d’un siècle.
Et pourquoi ? Pour ne pas “heurter” une sensibilité ? Pour donner des gages à une laïcité devenue rigide et stérile ?
Cette croix ne prêchait rien. Elle ne dérangeait personne. Elle faisait simplement partie de ce que nous sommes — un vestige d’histoire, de foi, de culture et d’identité.
En Corse, c’est une autre croix, érigée avant la loi de 1905, que la justice a ordonné de retirer. Une croix qui n’avait rien de provocant. Elle ne revendiquait rien, elle rappelait simplement.
Mais dans la France d’aujourd’hui, il semble que rappeler nos racines soit devenu un crime contre la neutralité.
La laïcité devait garantir la liberté de croire ou de ne pas croire. Elle devait protéger, pas effacer.
Aujourd’hui, elle est devenue un outil d’amnésie collective. On ne veut plus voir de croix, plus de saints, plus de repères spirituels dans nos villages.
Tout ce qui nous relie à nos ancêtres, à nos traditions, à notre foi, doit disparaître au nom d’une neutralité devenue idéologie.
Derrière ces décisions, il y a une logique inquiétante : celle d’un pays qui se renie lui-même.
Nos croix, nos clochers, nos chapelles font partie de notre paysage, de notre culture, de notre identité. Elles rappellent ce que nous devons à ceux qui ont bâti ce pays — non pas contre les autres, mais avec la conviction que la foi, la beauté et la mémoire étaient des forces communes.
Les croix ne divisent pas. Elles unissent. Elles rappellent une histoire commune, des valeurs partagées, un héritage spirituel qui dépasse les croyances individuelles.
Alors oui, enlever ces croix, c’est plus qu’un geste administratif. C’est un acte de rupture.
Une blessure faite à la France, à sa mémoire et à son âme.