Pourquoi fête-t-on les Feux de la Saint-Jean ?

lundi 19 mai 2025
Crédit photo : Ai / freepik.com
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Chaque année, autour du 24 juin, les collines, villages et campagnes s’illuminent de gigantesques brasiers : ce sont les feux de la Saint-Jean.

Cette fête, bien que populaire et joyeuse, puise ses racines dans une histoire lointaine, entre rites païens et héritage chrétien.

Mais que célèbre-t-on vraiment à travers ces flammes qui dansent dans la nuit d’été ? D’où vient cette tradition si profondément ancrée dans notre culture ?


Sommaire


Une tradition bien plus ancienne que le christianisme

Avant même que l’Église ne s’empare de cette date, le solstice d’été — autour du 21 juin — était déjà une période de célébration dans de nombreuses cultures européennes. Ce moment de l’année, où le jour est le plus long et la nuit la plus courte, marquait symboliquement le triomphe du soleil. On allumait de grands feux pour honorer sa puissance et pour, croyait-on, garantir fertilité, prospérité et protection contre les mauvais esprits.


Avec la christianisation progressive de l’Europe, l’Église a associé cette fête au saint Jean-Baptiste, dont la naissance, selon la tradition chrétienne, est célébrée le 24 juin — six mois avant Noël, jour de la naissance du Christ. Ainsi est née la Saint-Jean, fusion du culte solaire ancestral et du calendrier chrétien.


Les feux de la Saint-Jean : un rite de passage

Dans notre culture rurale, les feux de la Saint-Jean ont longtemps été un événement majeur du cycle des saisons. On y voyait un moment de transition symbolique, entre lumière et obscurité, entre jeunesse et maturité. Les flammes avaient une fonction purificatrice : les récoltes, les bêtes, et même les gens étaient bénis par la chaleur du feu.


Des traditions populaires y étaient associées : jeunes gens sautant par-dessus les flammes pour se porter bonheur, amoureux lançant des herbes dans le feu pour sceller leur union, danses, chants et veillées au rythme des crépitements. Dans certaines régions, une roue enflammée était même lancée depuis une colline, symbolisant le soleil déclinant.


Une fête populaire et fédératrice

Aujourd’hui encore, dans de nombreuses communes en France et ailleurs en Europe, la Saint-Jean reste un moment festif fort. C’est une occasion de se rassembler autour d’un feu de joie, de chanter, de danser, de partager un repas sous les étoiles. Certaines villes organisent des bals populaires, des animations pour les enfants et parfois même des processions ou des bénédictions.


Bien que le sens religieux se soit estompé dans la société moderne, le feu continue de symboliser la lumière, la chaleur humaine et le lien social. Dans une époque où l’on recherche des repères, cette tradition offre un précieux moment de communion, au cœur de l’été.


Pourquoi préserver cette tradition ?

Les feux de la Saint-Jean sont bien plus qu’une simple animation estivale. Ils nous relient à nos racines, à la terre, aux cycles naturels et à une sagesse ancienne. Ils nous rappellent que, malgré les siècles, certains gestes — se retrouver, allumer un feu, célébrer ensemble — conservent une valeur universelle.


Alors, la prochaine fois que vous verrez un feu de la Saint-Jean s’élever dans la nuit, souvenez-vous qu’il est le témoin vivant d’une histoire vieille de plusieurs millénaires. Et laissez-vous porter, ne serait-ce qu’un instant, par la magie du feu.