La galette des rois : célébrer l’Épiphanie et la royauté du Christ

vendredi 2 janvier 2026
Crédit photo : chandlervid85 / freepik.com
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Chaque année, au début du mois de janvier, la galette des rois s’impose comme un rituel incontournable dans les foyers français. Moment de partage, de convivialité et de transmission, cette tradition ne se limite pas à un simple plaisir gourmand. Elle trouve son origine dans une fête chrétienne majeure : l’Épiphanie, célébrée le 6 janvier.

Contrairement à certaines lectures contemporaines, la galette des rois telle que nous la connaissons aujourd’hui s’inscrit avant tout dans une histoire chrétienne, médiévale et monarchique, profondément enracinée dans la culture européenne.


Sommaire


L’Épiphanie : le cœur de la tradition

L’Épiphanie commémore la visite des Rois mages, Melchior, Gaspard et Balthazar, venus d’Orient pour rendre hommage à l’enfant Jésus à Bethléem. Cet épisode biblique symbolise la reconnaissance du Christ comme roi universel, reconnu au-delà du peuple juif.


La galette partagée ce jour-là prend alors une forte dimension symbolique : elle célèbre la royauté du Christ et rappelle l’adoration des mages, figures de sagesse et de foi.


Une coutume solidement ancrée au Moyen Âge

C’est au Moyen Âge que la tradition de la galette se structure véritablement dans les sociétés chrétiennes européennes. Les fêtes religieuses rythment la vie sociale, et l’Épiphanie devient un moment privilégié de rassemblement, aussi bien dans les familles que dans les communautés.


La désignation d’un « roi » lors du partage de la galette n’a rien de subversif : elle relève d’une mise en scène symbolique. Être couronné pour la journée rappelle l’ordre chrétien du monde, où la royauté terrestre n’est qu’un reflet temporaire de la royauté divine.


La fève : un symbole discret mais fort

La fève occupe une place centrale dans la tradition. Longtemps, il s’agissait d’une véritable fève, dissimulée dans le gâteau. Elle symbolise l’enfant Jésus caché, révélé au moment du partage.


Celui qui trouve la fève reçoit une distinction honorifique : il devient le roi ou la reine de la journée, porte la couronne et incarne, le temps d’un instant, cette symbolique de reconnaissance et d’élection.


À partir du XIXᵉ siècle, la fève évolue vers des figurines en porcelaine, puis en céramique, donnant naissance à une tradition de collection encore très vivante aujourd’hui.


Le rituel du partage : justice et équité

Dans de nombreuses familles, le plus jeune enfant se place sous la table pour attribuer les parts de galette. Ce rituel n’est pas anodin : il garantit une répartition équitable, laissant le hasard décider, sans favoritisme.


Autrefois, on réservait également une « part du pauvre » ou « part du Bon Dieu », destinée à un visiteur imprévu ou à une personne dans le besoin. Cette pratique rappelle la dimension caritative et morale profondément liée aux fêtes chrétiennes.


Galette ou brioche : une tradition aux visages multiples

Si la galette feuilletée à la frangipane s’est imposée dans le nord de la France, le sud perpétue la tradition de la brioche des rois, parfumée à la fleur d’oranger et décorée de fruits confits.


Ces différences régionales ne remettent nullement en cause l’origine chrétienne de la fête ; elles témoignent simplement de son adaptation aux cultures locales, au fil des siècles.


Une tradition parfois remise en cause

La galette des rois n’a pas toujours fait l’unanimité. Lors de la Révolution française, sa référence explicite à la royauté et au christianisme suscite la méfiance. Elle est alors rebaptisée « galette de l’égalité », et certains symboles sont volontairement neutralisés.


Ce détournement prouve une chose : la galette était déjà perçue comme un marqueur culturel, religieux et monarchique fort.


Une coutume toujours bien vivante

Aujourd’hui, la galette des rois continue de rassembler, bien au-delà des croyances personnelles. Elle reste un moment de convivialité, de transmission et de mémoire collective.


Plus qu’un dessert, elle incarne une tradition française profondément enracinée dans l’histoire chrétienne, transmise de génération en génération, et toujours célébrée avec la même simplicité : partager, couronner et se retrouver.