
Le mot Chandeleur vient du latin candelorum festa, la fête des chandelles. Bien avant d’être associée aux crêpes, cette date marquait le retour progressif de la lumière après les longs mois d’hiver.
Dans l’Antiquité romaine, on célébrait à cette période des fêtes païennes dédiées à la purification et à la fécondité. Des processions nocturnes aux flambeaux accompagnaient les prières pour de bonnes récoltes et la fin des jours sombres.
Ces rituels de lumière avaient un sens profond : rassurer les hommes face à l’hiver, célébrer le renouveau et espérer l’abondance à venir.
Au Ve siècle, l’Église chrétienne reprend cette date et lui donne un nouveau sens. La Chandeleur devient la fête de la Présentation de Jésus au Temple, quarante jours après Noël.
Selon la tradition chrétienne, Marie et Joseph présentent l’enfant Jésus au temple de Jérusalem, où le vieillard Siméon le reconnaît comme la « lumière qui éclaire les nations ».
La symbolique est forte : la lumière divine qui vient éclairer le monde. Les chandelles bénies lors des processions rappellent cette lumière protectrice, censée éloigner le mal et porter bonheur aux foyers.
Mais alors, pourquoi des crêpes ?
La réponse est à la fois simple et poétique. Leur forme ronde et leur couleur dorée évoquent le soleil, symbole de retour des beaux jours. Dans les campagnes, on utilisait la farine restante de l’hiver pour confectionner ces galettes, un geste à la fois pratique et symbolique, tourné vers l’abondance future.
Une croyance populaire voulait même que réussir sa première crêpe, en la faisant sauter avec une pièce de monnaie dans la main, garantissait prospérité pour l’année à venir.
De génération en génération, la Chandeleur est devenue un moment de partage. Autrefois célébrée autour du feu, elle se vit aujourd’hui autour d’une table, en famille ou entre amis.
Le geste reste le même : faire sauter la crêpe, rire lorsqu’elle retombe de travers, applaudir quand elle atterrit parfaitement dans la poêle. Un rituel simple, presque enfantin, mais profondément ancré dans la mémoire collective.
Si la crêpe reste la reine incontestée de la Chandeleur, les déclinaisons sont infinies :
Chaque région, chaque famille a sa recette, son secret, sa petite touche qui rend ce moment unique.
Aujourd’hui, la Chandeleur a dépassé son cadre religieux. Elle est devenue une fête populaire, chaleureuse et gourmande, un prétexte parfait pour se retrouver au cœur de l’hiver.
Elle nous rappelle que derrière les gestes simples du quotidien se cachent parfois des siècles d’histoire, de croyances et de transmission.
Alors, que l’on fasse sauter les crêpes par tradition, par gourmandise ou simplement pour le plaisir, une chose est sûre : le 2 février, la lumière est aussi dans l’assiette.
Et si la Chandeleur traverse encore les âges, c’est peut-être parce qu’elle nourrit autant l’âme que le cœur… et l’estomac.