Bactéries fécales sur les chariots : Votre caddie est-il un nid à microbes ?

dimanche 15 février 2026
Crédit photo : ChatGPT
Crédit photo : ChatGPT


On attrape un caddie, on y pose son sac, parfois son enfant sur le petit siège, et l’on s’élance dans les rayons. Geste anodin, presque automatique.

Pourtant, sous nos doigts, une réalité beaucoup moins visible circule : des microbes laissés par des dizaines, parfois des centaines de clients avant nous — rarement éliminés par un nettoyage approfondi.


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Une étude qui interpelle

Une enquête menée par l’Université d’Arizona sur 85 chariots répartis dans quatre États américains a révélé un constat surprenant : 72 % des poignées analysées portaient des bactéries d’origine fécale. Plus frappant encore, sur un sous-groupe de 36 caddies examinés plus en détail, la moitié contenait la bactérie Escherichia coli (E. coli).


Le microbiologiste Charles Gerba, à l’origine de ces prélèvements, rappelle que toutes les souches d’E. coli ne sont pas dangereuses. Certaines vivent naturellement dans notre intestin sans provoquer de maladie. D’autres, en revanche, peuvent entraîner des troubles digestifs sévères.


Selon le Centers for Disease Control and Prevention (CDC), les souches les plus agressives d’E. coli seraient responsables d’environ 70 000 infections par an aux États-Unis.


Plus contaminés que des toilettes ?

Ce qui surprend le plus, c’est la comparaison avec d’autres surfaces du quotidien. Des analyses évoquent une charge microbienne atteignant plus de 73 000 unités formant colonie par centimètre carré sur certaines poignées de chariots — soit jusqu’à 361 fois plus qu’une poignée de porte de toilettes publiques.


Comment expliquer ce paradoxe ? Les sanitaires sont généralement nettoyés plusieurs fois par jour, avec des produits désinfectants. Les caddies, eux, passent de main en main et sont rarement désinfectés systématiquement. Ils cumulent donc les dépôts successifs de microbes.


Faut-il s’inquiéter ?

Toucher un caddie contaminé ne signifie pas tomber malade automatiquement. Le risque dépend notamment de la quantité de bactéries transférée et du fait de porter ensuite les mains à la bouche, au nez ou aux yeux. En microbiologie, la « dose » ingérée joue un rôle clé.


Cela dit, les enfants en bas âge — qui portent plus facilement leurs mains à la bouche — peuvent être plus exposés, surtout lorsqu’ils sont installés dans le siège du chariot.


Quelques gestes simples pour limiter les risques

Sans céder à la paranoïa, quelques réflexes suffisent à réduire l’exposition :


L’hygiène en supermarché ne repose pas uniquement sur les équipes de nettoyage : elle dépend aussi de nos habitudes. Un simple coup de lingette ou un lavage de mains peuvent faire toute la différence.


La prochaine fois que vous pousserez un caddie, vous ne le verrez peut-être plus tout à fait de la même manière.