Combien faut-il garder sur son Livret A ?

samedi 24 mai 2025
Crédit photo : wirestock / freepik.com
Crédit photo : wirestock / freepik.com


"Faut-il continuer à utiliser le Livret A comme épargne de précaution, ou est-ce devenu un réflexe dépassé face à l'inflation galopante ?" C’est une question que se posent de plus en plus de Français, alors que le taux du Livret A peine à rivaliser avec la hausse des prix.

Pour y voir plus clair, nous avons interrogé Fabien Magève, économiste indépendant et spécialiste de la finance personnelle.


Sommaire


Le Livret A : un placement toujours populaire

Avec plus de 343 milliards d’euros d'encours en 2024, le Livret A reste le placement préféré des Français. Il faut dire qu’il cumule plusieurs atouts : liquidité totale, exonération d’impôts, et sécurité garantie par l’État.


"Le Livret A est avant tout une solution d’épargne de court terme, idéale pour faire face aux imprévus", rappelle Fabien Magève. "Mais ce n’est pas un outil de rendement. Il faut bien comprendre sa vocation."


Combien faut-il y laisser ? La règle des 3 à 6 mois

Selon les spécialistes, il est raisonnable de garder sur son Livret A une épargne de précaution équivalente à 3 à 6 mois de dépenses courantes. Cela permet de faire face à des situations comme une perte d’emploi, une panne de voiture ou des frais de santé non couverts.


Exemple concret : Si vos dépenses mensuelles sont de 1 200 €, il est conseillé d’avoir entre 3 600 € et 7 200 € sur votre Livret A.


"Cette épargne doit rester immédiatement disponible. C’est son rôle. Le reste peut être investi autrement, même avec un profil prudent", précise Magève.


Le Livret A face à l'inflation : un rendement négatif ?

Depuis plusieurs années, l’inflation dépasse largement le taux du Livret A, qui est resté bloqué à 3 % jusqu’en janvier 2025, alors que l’inflation a parfois flirté avec les 4 à 5 %.


"En réalité, le rendement réel du Livret A, c’est-à-dire après inflation, est souvent négatif. Cela veut dire que votre argent perd du pouvoir d’achat au fil du temps", alerte Fabien Magève.


Faut-il chercher mieux ailleurs ?

Oui, mais pas n’importe comment. Une fois votre épargne de sécurité constituée, vous pouvez envisager d’autres solutions plus rémunératrices :


"Il n’est pas nécessaire de devenir un expert de la Bourse. Il suffit de diversifier progressivement une partie de votre épargne, en fonction de vos projets et de votre tolérance au risque", recommande Magève.


Conclusion : Un outil toujours utile… à condition de bien l’utiliser

Le Livret A n’est pas mort. Il reste un excellent coussin de sécurité, à condition de ne pas y stocker tout son argent. Au-delà de quelques mois de dépenses, mieux vaut envisager d’autres placements, même modestes, pour protéger votre pouvoir d’achat.


Le conseil de Fabien Magève : "Le Livret A n’est pas une planche de salut pour votre épargne, mais une bouée de secours. Une fois que vous êtes à flot, il faut apprendre à nager avec d’autres outils."