Un simple trajet en voiture peut soudainement virer au stress si vous êtes arrêté pour un contrôle d’alcoolémie. Souffler dans l’éthylotest, subir une prise de sang, contester les résultats…
Beaucoup de conducteurs ne connaissent pas vraiment leurs droits dans ces situations. Pourtant, bien les connaître peut tout changer.
Voici un tour d’horizon clair et pratique pour comprendre ce que vous pouvez — et devez — faire lors d’un contrôle d’alcoolémie.
Sommaire
1. Le contrôle d’alcoolémie peut être systématique
En France, les forces de l’ordre peuvent vous contrôler même en l'absence d'infraction. Il peut s’agir d’un simple contrôle routier, d’une opération « zéro alcool » ou d’un contrôle suite à un accident ou une infraction (feu rouge, excès de vitesse…).
Vous ne pouvez pas refuser de vous soumettre à un test de dépistage d’alcoolémie, sous peine d’être poursuivi pour refus d’obtempérer, ce qui est un délit.
2. Le test commence par l’éthylotest
Dans la majorité des cas, on vous demande de souffler dans un éthylotest chimique ou électronique.
- Éthylotest chimique (ballon) : donne une indication visuelle (pastille qui change de couleur).
- Éthylomètre électronique : donne un taux précis, exprimé en mg/l d’air expiré.
À ce stade, ce n’est pas encore une preuve légale, mais un dépistage.
Si le test est positif, les agents doivent alors utiliser un éthylomètre homologué pour effectuer la mesure officielle du taux d’alcool. Ce résultat peut fonder une sanction.
3. Vous pouvez demander (ou être contraint à ) une prise de sang
Vous avez le droit de refuser de souffler dans l’éthylomètre, mais dans ce cas, les forces de l’ordre peuvent exiger une prise de sang réalisée par un professionnel de santé.
Bon à savoir :
- La prise de sang peut aussi être imposée si le résultat de l’éthylomètre est contesté, si l’appareil est indisponible, ou en cas de soupçon de consommation de drogues.
- Elle doit se faire dans le respect du secret médical, par un médecin ou une infirmière.
4. Taux d’alcool : les seuils à connaître
Conducteur normal 0,25 mg/L
Jeunes conducteurs (permis probatoire) 0,10 mg/L
Au-delà de ces seuils, vous risquez une amende, un retrait de points, voire une suspension ou annulation de permis.
5. Vous pouvez contester les résultats
Oui, il est possible de contester un contrôle d’alcoolémie, mais ce n’est pas automatique.
Motifs possibles :
- Défaut d’homologation de l’éthylomètre
- Appareil non vérifié dans les délais légaux (vérification annuelle obligatoire)
- Conditions de prélèvement non respectées
- Doute sur la procédure (absence de double mesure, pas de notification de vos droits…)
Il est recommandé de faire appel à un avocat spécialisé pour contester, surtout en cas de retrait de permis ou de poursuites pénales.
6. Vos droits fondamentaux pendant le contrôle
- Vous avez le droit d’être informé des raisons du contrôle.
- Vous avez le droit de garder le silence.
- Vous avez le droit à l’assistance d’un avocat si vous êtes placé en garde à vue.
- Vous pouvez demander une contre-expertise (nouvelle analyse) en cas de prise de sang.
En résumé
Un contrôle d’alcoolémie n’est pas anodin. Connaître vos droits peut vous éviter bien des désagréments — ou vous aider à vous défendre si les procédures n’ont pas été respectées.
À retenir :
- Ne jamais refuser un test sans raison valable.
- Demander systématiquement les documents prouvant la fiabilité des appareils.
- Conserver son sang-froid, noter les faits, et en cas de doute, consulter un avocat.
Vous avez déjà vécu un contrôle d’alcoolémie injustifié ou abusif ? N’hésitez pas à partager votre expérience dans les commentaires. Votre témoignage peut aider d’autres conducteurs !