D’où vient l’expression “toucher du bois” ?

mardi 14 octobre 2025
Crédit photo : freepik.com
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On le fait presque machinalement : avant un examen, un rendez-vous important ou une bonne nouvelle qu’on espère, on dit « Je touche du bois ! ».

Ce geste anodin cache pourtant une longue histoire, un héritage venu de temps immémoriaux où les humains voyaient dans la nature bien plus qu’un simple décor.


Sommaire


Des racines païennes : les esprits du bois

La superstition de toucher du bois trouve son origine dans les temps anciens, bien avant l’ère chrétienne.


Chez les Celtes, les arbres — et particulièrement le chêne — étaient considérés comme sacrés. Ils abritaient des esprits protecteurs ou des divinités capables d’influencer le destin.


Toucher un arbre, c’était entrer en contact avec ces forces invisibles, attirer leur bienveillance ou se protéger du malheur.


Certains rituels consistaient à poser la main sur le tronc pour demander une faveur ou remercier l’esprit du bois après un vœu exaucé.


Cette croyance n’était pas propre à l’Europe. Dans de nombreuses civilisations anciennes — des tribus amérindiennes aux peuples germaniques — le bois représentait la vie, la croissance et la protection. Le geste s’est donc transmis, simplifié, puis adapté au fil des siècles.


L’influence chrétienne : le bois de la croix

Avec l’arrivée du christianisme, la symbolique du bois a pris un nouveau sens.


Le bois de la croix du Christ est devenu symbole de protection divine et de salut.


Toucher du bois revenait à invoquer cette protection sacrée, même si, avec le temps, la dimension religieuse s’est peu à peu effacée pour ne laisser place qu’au réflexe superstitieux.


Une superstition devenue réflexe moderne

Aujourd’hui, toucher du bois n’a plus vraiment de lien avec une croyance spirituelle précise.


C’est un rituel de chance universel, un petit geste de superstition que l’on fait sans y penser, comme jeter une pièce dans une fontaine ou croiser les doigts.


Mais ce réflexe n’est pas anodin : il révèle quelque chose de profondément humain.


Face à l’incertitude, nous cherchons tous un petit geste rassurant pour nous donner l’illusion de contrôler le hasard.


Toucher du bois, c’est dire à demi-mot : “Je ne maîtrise pas tout, mais je fais ma part.”


Une façon de dompter l’invisible, de se protéger symboliquement contre la malchance.


Ce que cela dit de nous

Derrière cette superstition se cache une vérité psychologique : nous avons besoin de rituels.


Ces gestes, même dénués de fondement rationnel, apaisent nos peurs, réduisent le stress et renforcent notre sentiment de maîtrise.


Ils témoignent aussi de notre lien persistant avec l’imaginaire et le sacré — ces forces invisibles que nous ressentons encore, malgré la modernité.


Tant qu’il restera une part d’incertitude dans nos vies, il restera toujours une main pour aller chercher un peu de réconfort… en touchant du bois.