
La première étape avant tout chantier, c’est de consulter le Plan Local d’Urbanisme (PLU) de votre commune. Selon la taille de votre future piscine et sa localisation, les démarches varient.
Si votre bassin fait moins de 10 m², il est généralement possible de creuser sans formalité. En revanche, à partir de 10 m², une déclaration préalable est nécessaire. Et si la piscine dépasse les 100 m² ou si elle est couverte par un abri de plus de 1,80 m de haut, un permis de construire devient obligatoire.
Dans les zones classées ou protégées (proximité de monuments historiques, zones naturelles sensibles…), même les petites piscines peuvent nécessiter une autorisation. Il est donc indispensable de vous renseigner auprès de votre mairie avant de commencer les travaux.
Depuis plusieurs années, la loi impose à tous les propriétaires de piscines enterrées privées de mettre en place un dispositif de sécurité pour prévenir les risques de noyade, notamment chez les enfants.
Vous avez le choix entre quatre solutions : installer une barrière de protection, poser une alarme sonore, couvrir le bassin avec une couverture de sécurité ou opter pour un abri fermé. Le dispositif choisi doit être conforme aux normes en vigueur. À défaut, en cas d’accident, votre responsabilité pourrait être engagée, et une lourde amende peut s’appliquer.
Même si l’assurance n’est pas obligatoire pour une piscine, il est vivement recommandé de vérifier que votre contrat multirisque habitation couvre bien ce type d’équipement. Une clause spécifique peut être nécessaire pour bénéficier d’une protection en cas de dommages ou d’accidents.
Il est aussi judicieux de souscrire une option couvrant les sinistres comme le bris de matériel, les fuites, ou les dégâts causés par une tempête. Et du côté des professionnels, exigez qu’ils soient assurés avec une garantie décennale : elle vous protège pendant dix ans contre les malfaçons.
Construire une piscine a aussi des conséquences fiscales. Vous devrez payer une taxe d’aménagement, généralement un an après la fin des travaux. Son montant dépend de la taille du bassin, d’un tarif forfaitaire au mètre carré, et des taux fixés par votre commune et votre département.
Mais ce n’est pas tout. Votre piscine augmentera la valeur locative cadastrale de votre maison, ce qui fera grimper votre taxe foncière. Si vous déclarez les travaux dans les 90 jours suivant leur achèvement, vous pouvez bénéficier d’une exonération temporaire sur cette hausse.
Enfin, depuis peu, l’administration fiscale utilise l’imagerie satellite pour repérer les piscines non déclarées. En cas d’oubli volontaire ou non, vous risquez un rappel d’impôt assorti de pénalités.
Avant de faire appel à un pisciniste ou de vous lancer dans l’auto-construction, il est conseillé de faire réaliser une étude de sol, notamment si votre terrain est argileux ou proche d’une nappe phréatique. Cela vous évitera des problèmes d’instabilité ou d’infiltrations.
Pensez également à dimensionner correctement votre système de filtration, à prévoir une ligne électrique sécurisée et à organiser la gestion des eaux de vidange selon la réglementation locale. Il est interdit de rejeter l’eau traitée directement dans la nature ou les réseaux pluviaux sans traitement préalable.
Lorsque les travaux sont terminés, faites bien constater toute anomalie lors de la réception du chantier. Cela activera les garanties légales en cas de défauts ou de malfaçons.
Posséder une piscine, c’est aussi un entretien régulier. Vous devrez surveiller la qualité de l’eau, vérifier le fonctionnement des équipements, et protéger votre installation en hiver.
Un carnet d’entretien peut s’avérer utile, voire nécessaire, en cas de sinistre ou de contrôle. Il vous aidera à prouver que vous avez bien respecté vos obligations d’entretien.
Enfin, rappelez-vous que l’eau de votre piscine contient des produits chimiques. Vous êtes responsable de leur impact sur l’environnement. En cas de déversement accidentel ou de rejet non autorisé, vous pourriez être tenu responsable.
En résumé
Construire une piscine enterrée est un projet enthousiasmant, mais il implique aussi des responsabilités administratives, techniques, fiscales et sécuritaires. En respectant la réglementation et en anticipant les coûts, vous pourrez profiter de votre bassin en toute sérénité.
Avant le premier plongeon, n’oubliez pas : une autorisation bien remplie, une sécurité bien pensée et une déclaration bien envoyée… et vous nagerez dans le bonheur plutôt que dans les tracas !