Pourquoi les médicaments psy font-ils grossir ?

mardi 11 août 2026
Crédit photo : Gemini
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Antidépresseurs, antipsychotiques, thymorégulateurs… Certains médicaments utilisés en psychiatrie sont associés à une prise de poids parfois importante. Mais pourquoi un traitement destiné à agir sur le cerveau peut-il avoir un effet aussi visible sur la silhouette ?

La réponse est loin d'être simplement une question de « volonté » ou de manque d'activité physique. Certains psychotropes peuvent modifier l'appétit, la sensation de satiété, le métabolisme et même la manière dont l'organisme stocke l'énergie.


Sommaire


Un effet secondaire qui varie énormément selon les médicaments

Tous les médicaments psychiatriques ne provoquent pas une prise de poids, et lorsqu'elle survient, son importance varie considérablement d'une molécule à l'autre.


Les antipsychotiques, notamment certains antipsychotiques dits de deuxième génération, sont parmi les traitements les plus connus pour cet effet secondaire. La prise de poids peut également concerner certains antidépresseurs ou thymorégulateurs.


Il est donc impossible de mettre tous les médicaments « psy » dans le même panier.


Pourquoi l'appétit peut-il augmenter ?

L'un des mécanismes les plus importants concerne les neurotransmetteurs et les récepteurs du cerveau qui participent à la régulation de la faim et de la satiété.


Certains médicaments peuvent notamment modifier l'action de neurotransmetteurs comme la dopamine, la sérotonine ou l'histamine. Ces modifications peuvent entraîner une augmentation de l'appétit, une attirance plus importante pour les aliments riches en calories ou une sensation de satiété moins forte.


Résultat : une personne peut avoir l'impression de manger « comme avant » alors que son apport énergétique a progressivement augmenté.


Le métabolisme peut également être perturbé

La prise de poids ne s'explique cependant pas uniquement par une augmentation de la faim.


Certains traitements peuvent également influencer la façon dont l'organisme utilise et stocke les glucides et les graisses. Des modifications de la sensibilité à l'insuline, du métabolisme lipidique ou de la répartition des graisses peuvent notamment apparaître avec certains médicaments.


C'est l'une des raisons pour lesquelles une prise de poids sous traitement psychiatrique mérite d'être surveillée médicalement.


La sédentarité peut aussi jouer un rôle

Il existe également un effet indirect.


Certains médicaments peuvent provoquer de la somnolence, de la fatigue ou une diminution de l'activité physique. Une personne qui dépense moins d'énergie au quotidien, tout en conservant la même alimentation, peut progressivement prendre du poids.


À cela peuvent s'ajouter les conséquences de la maladie elle-même : dépression, anxiété, troubles du sommeil ou difficultés à maintenir une activité régulière peuvent modifier les habitudes alimentaires et physiques.


La prise de poids est donc souvent le résultat de plusieurs mécanismes qui se combinent.


Pourquoi certaines personnes grossissent-elles beaucoup et d'autres presque pas ?

C'est une question essentielle : deux personnes prenant exactement le même médicament peuvent avoir des réactions très différentes.


L'âge, le poids initial, la génétique, l'alimentation, l'activité physique, le sommeil et les autres médicaments pris simultanément peuvent influencer la réponse de l'organisme.


La dose et la durée du traitement peuvent également avoir leur importance.


C'est pourquoi une prise de poids sous traitement psychiatrique doit être considérée comme un effet indésirable potentiel, et non comme un échec personnel.


Faut-il arrêter son traitement ?

Surtout pas sans avis médical.

Arrêter brutalement un traitement psychiatrique peut provoquer une réapparition des symptômes ou un syndrome de sevrage selon le médicament concerné.


En revanche, une prise de poids importante doit être signalée au médecin. Celui-ci peut éventuellement proposer une adaptation du traitement, rechercher une autre cause à la prise de poids ou mettre en place une surveillance du poids, de la glycémie et des lipides.


Dans certaines situations, il existe plusieurs traitements possibles avec des profils métaboliques différents. Mais le choix doit toujours tenir compte de l'efficacité du traitement et de la situation individuelle du patient.


Un problème souvent sous-estimé

La prise de poids liée aux médicaments psychiatriques n'est pas uniquement une question esthétique.


Lorsqu'elle est importante, elle peut augmenter le risque de diabète de type 2, de troubles cardiovasculaires et d'autres problèmes métaboliques. Elle peut également avoir un impact psychologique important et pousser certains patients à vouloir arrêter leur traitement.


C'est précisément pour cette raison que le poids et la santé métabolique devraient faire partie du suivi de certains traitements psychiatriques, au même titre que l'efficacité du médicament et ses autres effets indésirables.


En conclusion

Si certains médicaments psychiatriques peuvent faire grossir, ce n'est donc pas simplement parce qu'ils « ralentissent le corps ». Ils peuvent agir sur plusieurs mécanismes à la fois : appétit, satiété, métabolisme, stockage des graisses, glycémie, somnolence et activité physique.


La bonne réponse n'est pas d'arrêter son traitement, mais d'en parler avec son médecin. Un traitement efficace pour la santé mentale reste essentiel, et lorsque la prise de poids devient problématique, il est parfois possible de trouver un meilleur équilibre entre efficacité psychiatrique et effets métaboliques.